Destinies, le JDR sans MJ

Destinies

Vendredi 16 juillet, nous ne sommes que 3 au club – vacances oblige – et Eriamelo nous a apporté un de ses nouveaux jeux : « Destinies » un jeu de plateau qui emprunte tous les codes du JDR,  et même plus. Ça tombe bien, ce dernier est calibré pour 1 à 3 joueurs. Alors c’est parti !

Ce n’est pas moi qui le dit mais :

Les prophètes annoncent la venue sur Terre de l’Ange de la Mort, qui entraînera la Fin des Temps.
Des signes précéderont son arrivée, assurent-ils. Les pécheurs subiront les châtiments divins tandis que, un par un, les sceaux de l’Apocalypse seront brisés. Mais même lorsque la famine, la maladie et la guerre ravageront les terres, il y aura encore de l’espoir.

Les rares élus, dont les destinées sont liées aux desseins du Ciel, se verront conférer le pouvoir de façonner ces épreuves et de mener les autres au châtiment et au salut. Leurs actes seront le témoignage de la volonté et de la force des mortels. 

Alors que la vermine dévore le fruit et le grain, alors que l’épidémie tue sans distinction les pauvres et les nobles, alors que la Vierge Sainte fait s’abattre les flammes de la guerre sur ses ennemis… l’Ange de la Mort regarde et juge. Puisse-t-il juger dignes ces âmes destinées aux grandes choses, car si ce n’est pas le cas… tout brûlera.

Alors on l’ouvre cette boite ?

On y découvre une belle quantité de figurines au format 16mm – oui c’est petit – mais avec de jolies sculptures bien détaillées vu la taille. Quelques références plus imposantes et surtout une figurine centrale gigantesque. De jolis plateaux de jeux avec découpes, des Dés, quelques jetons en bois, des tokens en carton épais, des pièces en métal – c’est la version KS – et des cartes pour le terrain, les personnages et les objets. Bref, c’est bien rempli.

le plateau joueur en « 3D »

Je note que les cartes personnages et objets arborent des QR code. Bizarre ? En fait non pas du tout, car le jeu est géré par une application qui va interagir avec ces codes mais surtout participer à l’ambiance et la narration de l’histoire.

Car oui ce jeu de plateau vous met dans l’ambiance d’un jeu de rôle ou le maitre du jeu (MJ) est l’application. On la lance, on choisit son scénario – 5 dans la boite de base – et on se laisse guider.

le maitre du jeu

Chaque aventure met en scène de 1 à 3 personnages – en fonction du nombre de joueurs – prédéfinis par l’histoire. Chaque personnage dispose de 2 conditions de victoires propres, il faudra en réussir au moins une pour gagner la partie. Comme le jeu est compétitif, il y aura 3 conditions différentes réparties et qui se recoupent afin que chacun se retrouve en compétition avec les 2 autres joueurs (par exemple : joueur 1 A et B, Joueur 2 B et C et joueur 3 A et C).

Et maintenant on joue ?

On choisit la mission numéro 3, je serais corrupteur. Je ne dévoilerais pas mes objectifs pour ne pas spoiler.

L’application nous indique avec quel objet et argent commence chaque personnage ainsi que la répartition des petits pions en bois dans les 3 compétences (savoir, agilité et force). On dispose de 2 gros dés blancs chacun – allant de 1 à 4 – pour faire nos actions et à chaque début de tour on obtient 1 dé violet – 3 maximum allant de 1 à 3 + une face réussite – qui permet d’augmenter ses chances, mais à usage unique.

Le système nous demande d’installer les cartes de terrain, la centrale face visible avec 1 personnage et 4, face cachée, orthogonalement. Le scénario se met en place par la lecture intégrée du scénario. L’ambiance est posée et on découvre une histoire sombre dont le scénario suit le chapitre joué précédemment par Eriamelo, les quêtes s’enchainent.

Le premier joueur est décidé par l’application, ce sera Lamshars. A son tour de jeu, on peut déplacer son personnage de jusqu’à 2 tuiles en s’arrêtant automatiquement si la tuile n’a pas encore été dévoilée. Pour dévoiler une tuile, on clique sur l’application et on retourne la carte sur la table. De nouveau, on suit ce que nous dit le programme et plaçons les jetons et les autres terrains en fonction. Une fois le mouvement fait, le joueur choisit ce qu’il va faire sur la tuile, ce sera son action

la « carte » après 1 tour complet de jeu

En fonction du choix d’interaction, l’application va gérer nos choix. On discute avec un marchand qui va nous permettre d’acheter la liste d’objets indiqués. Faute d’argent, ou par simple filouterie, on peut décider de tenter de lui voler sa marchandise. Pour ce faire on effectue un test, dans le cas présent d’agilité. On lance donc les 2 dés blancs et on choisit si on lance en même temps de 1 à 3 dés violets supplémentaires. Je décide de lancer 2+1 violet – j’obtiens 3 / 2 et une réussite automatique – et compare le résultat de 5 à mes pions de la ligne agilité. Avec 5 j’ai un pion en bois, donc une réussite + celle du dé violet. Je vais donc rentrer 2 réussites dans l’application et me défausser du dé violet utilisé. Le marchand est distrait et je peux donc lui voler un des objets.

le plateau de joueur

Dans la liste des actions je pourrais également me renseigner sur ma quête ou sur des objets en scannant le QR code. Je pourrais également payer 2 pièces pour gagner 1 point dans une des compétences, j’y reviens juste après.

En fonction des actions réalisées, le MJ va m’attribuer des points d’expériences qui me permettront de déplacer les pions en bois sur la piste de compétence. 1XP me permettra de décaler 2 pions d’un cran vers la gauche afin d’abaisser le niveau de difficulté. Même une action ratée peut faire gagner de l’expérience, souvent en augmentant d’1 vers la droite – par exemple ce 11 vert que je n’utiliserais sans doute jamais – pour ensuite baisser 2 autres. Comme on dit, on apprend de ces erreurs.

Une fois que j’ai décidé de ne plus interagir avec le lieu où le personnage, je mets fin à mon tour et passe la tablette à mon voisin.

Les tours s’enchainent et chacun lit ce que la tablette nous affiche. Nous sommes dans un JDR et chacun dispose des mêmes informations.

J’en pense quoi ?

La promesse du jeu est de nous faire participer à un jeu de rôle sans la nécessité présence d’un maitre du jeu, et le pari est parfaitement réussi. Tous les aspects sont bien présents – la création du personnage, les rencontres, les quêtes, les interactions, … – et parfaitement intégrés et gérés. L’histoire se développe au fur et à mesure de notre progression comme autour d’une bonne table de JDR. Bref on est dans l’ambiance. La tablette est présente mais on interagit entre joueurs.

Mes plus :

L’ambiance et les composantes d’une bonne de table de JDR sans les aspects logistique.

Penser à noter, comme dans un JDR, les informations importantes pour nos prochaines actions.

Une tablette pas trop présente et qui vient enrichir l’expérience de jeu…

Mes moins :

…Mais on pourrait se demander pourquoi ne pas avoir simplement fait un « jeu vidéo » tant tout est géré par l’IA et où nous ne faisons que reproduire ce qui est affiché à l’écran.

Une fois les quêtes et personnage connus, la re-jouabilité sera fortement limité.

Seulement 5 scénarii dans la boite c’est peu. L’apport des extensions sera primordial pour que le jeu dure dans le temps.

en pleine partie

Le jeu me semble idéal pour un joueur seul qui veut faire du JDR. 5 scénarios avec 3 personnages différents, ça nous fait 15 parties de 2 à 3 heures avant d’en avoir fait le tour.

Mais ce n’est QUE mon avis. Vous aussi partagez vos impressions sur ce jeu et surtout, venez jouer avec nous aux Gardiens de la Légende.

Greg

Destinies est un jeu de Michał Gołębiowski et Filip Miłuński, illustré par Karolina Jędrzejak, Magdalena Leszczyńskaet et Irek Zielinski. De 1 à 3 joueurs (4 avec l’extension 2 vs 2) à partir de 14 ans pour des parties allant de 120 à 150min. Disponible chez Lucky Duck Games pour environ 50€.

Laisser un commentaire